Abus sexuel dans l’Eglise : un nouveau rapport de l’académie catholique contredit le rapport Sauvé !

Huit membres de l’académie catholique française ont souligné de graves erreurs méthodologiques dans le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église.

Huit membres de l’académie catholique française ont souligné de graves erreurs méthodologiques dans le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église. L’institution n’est pas rattachée à l’Eglise, mais elle est l’initiative des laïcs pour fédérer des intellectuels, des scientifiques français de tous les domaines du savoir se reconnaissant dans cette confession chrétienne. Ils se levent pour remettre en cause le rapport de la Ciase sur les abus de l’Eglise, publié le 5 octobre.

 

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Une étude erronée

L’analyse critique des huit intellectuels de ce texte non rendu public, révélé par La Croix est uniformément négative. Les auteurs signataires de cette étude sont : Jean-Robert Armogathe, directeur de la revue de théologie Communio, Philippe Capelle-Dumont, professeur de philosophie à la faculté de théologie de Strasbourg, l’avocat Jean-Luc Chartier, l’historien Jean-Dominique Durand, la juriste Yvonne Flour, le philosophe Pierre Manent, Hugues Portelli, doyen de la faculté de sciences sociales et économiques de l’Institut catholique de Paris, et Emmanuel Tawil, maître de conférences à Paris-II.

Les auteurs réfutent en effet la méthodologie statistique qui a conduit la commission Sauvé à passer de « 171 » opinions réelles interrogées et reconnaissant avoir été victimes d’un prêtre, un religieux ou un laïc, à « 330 000 » victimes abusées.

En outre, ils opposent également à l’évaluation de l’INSERM les données obtenues par l’enquête de l’équipe de l’Ecole pratique des hautes études, qui, sur la base du dépouillement des archives, notamment ecclésiastiques, aboutit à une fourchette comprise entre 4 832 et 27 808 victimes. « On peut s’interroger sur les raisons qui ont conduit la commission à retenir un chiffrage plutôt qu’un autre. (…) La rigueur scientifique n’a pas présidé à ses travaux », ont clamé les auteurs de la note.

 

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« Rien dans le document de l’académie catholique ne remet en cause l’analyse de la Ciase »

Le président de la Ciase, Jean-Marc Sauvé a réagi à ce nouveau rapport qui a été transmis. M. Sauvé estime attendre des attaques contre le rapport de sa commission et n’est « nullement surpris ».

« La critique de notre rapport est bien sûr légitime. Je l’ai écrit dès son avant-propos. Mais dans ce cas, j’éprouve des sentiments de tristesse, et même d’affliction, car je suis moi-même membre de cette académie », a-t-il déclaré au micro de la croix, lors d’une interview. Pour lui, « Rien de ce qui s’est passé n’a été élégant, ni loyal, même si je respecte infiniment tel des signataires ».

Par ailleurs, le but de ce rapport suivi d’un message expéditif à destination du Vatican est, selon Jean-Marc Sauvé, de « faire échapper l’Église à des indemnisations douloureuses et à des réformes qui sont nécessaires et profondes ». Il poursuit : « les signataires de ce texte insinuent que la Ciase est mue par un agenda idéologique, inversant et dénaturant complètement les choses », avant de conclure : « En réalité, c’est pour disqualifier nos conclusions qui les hérissent que les auteurs cherchent à déstabiliser notre état des lieux ».

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