Départ du personnel militaire étranger : les talibans demandent la réouverture de l’ambassade de France !

Coupé du monde depuis la prise de Kaboul, en août dernier, le gouvernement islamique afghan tente des approches diplomatiques pour rassurer l’occident.

Coupé du monde depuis la prise de Kaboul, en août dernier, le gouvernement islamique afghan tente des approches diplomatiques pour rassurer l’occident. Dans une interview datée de ce jeudi 16 septembre, l’actuel ministre des affaires étrangères taliban évoque que les talibans souhaitent la réouverture de l’ambassade de France en Afghanistan.

On veut que le gouvernement français nous traite… en ami

C’est dans une interview accordée à la chaine de télévision LCI que le nouveau patron des relations internationales de Kaboul tente de renouer les liens diplomatiques avec Paris.

Une main tendue que l’on souhaite voir si elle est bien reçue du côté de l’hexagone. En effet, dans cette transmission visuelle de quelques minutes, le ministre des Affaires étrangères de l’Afghanistan souligne que l’actuel régime souhaite entretenir « de bonnes relations avec la France ». Un nouveau partenariat entre les deux états qui doit se matérialiser par le retour sur place des diplomates français.

« La France devrait rouvrir son ambassade à Kaboul, ramener son personnel, ses organisations humanitaires », a estimé le chef de la diplomatie afghane, Amir Khan Muttaqi. Pour s’assurer que ce calumet de paix sera partagé par la France, le ministre demande à la France des preuves de son amitié.

« On veut que le gouvernement français, au lieu de nous traiter en ennemi, nous traite en ami… et nous le prouve, comme nous devons prouver que notre politique sera bénéfique pour nos voisins et les pays de la région », a déclaré Amir Khan.

 

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Une ouverture plus large au monde

Ces conciliabules lancés à l’endroit du gouvernement français ne sont pas des faits anodins. C’est bien là une stratégie d’internationalisation du régime taliban nouvellement installé qui doit faire face à de nombreuses restrictions venant des pays occidentaux. C’est un geste nouveau depuis leur premier passage à la tête du pays entre 1996 et 2001. Cette semaine, les dirigeants actuels avaient déjà lancé des mots de remerciement à l’endroit de la communauté internationale. En effet, une réunion d’urgence de l’ONU avait permis de réunir 1,2 milliard de dollars pour empêcher le pays du Moyen-Orient de sombrer dans une crise humanitaire. Un geste que les actuels maîtres afghans ont accueilli en toute reconnaissance.

En marge donc de cette interview accordée au ministre afghan des Affaires étrangères à LCI, celui-ci interpelle le chef de l’État français à la retenue. « Pour le jeune président français, il faut avoir une attitude mature vis-à-vis de l’Afghanistan, et de ne pas être impulsif », a conseillé Amir Khan Muttaqi.

Le 15 août dernier, un peu après la prise de Kaboul rendu aux mains des talibans, l’Élysée s’était déjà montré quelque peu flexible. Paris estime, en effet, que le problème de la reconnaissance du régime des talibans ne se posait pas, car, « la France reconnait les pays et non les régimes ».

À noter qu’il s’en est suivi l’évacuation d’urgence d’à peu près 2500 afghans fuyant les exactions du nouveau régime par la France. Aujourd’hui, la ministre de la Citoyenneté, Marlène Schiappa est en plein conflit avec les élus locaux qui avaient pris des engagements solennels pour l’insertion de ces réfugiés en France.

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