La force de frappe de Zemmour se confirme !

Encore une fois, une enquête d’opinion vient d’envoyer le polémiste Éric Zemmour au second tour de la présidentielle de 2022 avec 17 % des voix.

Encore une fois, une enquête d’opinion vient d’envoyer le polémiste Éric Zemmour au second tour de la présidentielle de 2022 avec 17 % des voix. Il vient ainsi s’éclipser, selon le sondage de l’IFOP pour Le Figaro, en date du 7 novembre, entre le président sortant, Emmanuel Macron (25 %) et la candidate du rassemblement national, Marine Le Pen (16 %).

 

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Une figure en forte progression

Avant même d’affirmer sa candidature, le polémiste a déjà reçu la candidature de plusieurs groupes d’ultra-droite et d’extrême droite, idéologiquement au-delà du rassemblement national. Les premiers signes de ses intentions présidentielles remonteraient à janvier 2021, à la création d’un site internet intitulé « je signe avec Zemmour ».

Et ce fut parti pour une conquête médiatique à vitesse de croisière. Début octobre, c’est le sondage de Harris Interactive qui le plaçait pour la première fois devant la finaliste de la présidentielle de 2017. « Jamais un candidat n’a connu en si peu de temps, dans des mesures d’intentions de vote, une évolution telle que celle que connaît Éric Zemmour », commentait Antoine Gautier, chargé d’études chez Harris Interactive, l’institut auteur du sondage, même si M. Zemmour n’est pas officiellement déclaré candidat.

Et pourtant, en septembre, lorsque l’hypothèse de sa candidature a été formulée et testée, Éric Zemmour n’avait recueilli que 7 % des intentions de vote. Mais le sulfureux polémiste, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, a fortement progressé, à mesure qu’il saturait l’espace médiatique, déroulant sa rhétorique contre l’immigration.

Une personnalité hétéroclite : radical vulgaire, mais intellectuel de renom

Fin septembre, au cours d’un débat télévisé avec l’insoumis Mélenchon, il lançait : « les Français se sentent colonisés ». Les « élites françaises » ont « fait la folie criminelle de laisser venir des millions et des millions d’immigrés de la civilisation arabo-musulmane », a-t-il poursuivi.

Zemmour, « c’est un Trump, mais plus intello », estime Philippe Corcuff, professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Lyon. Le polémiste et l’ex-président américain « sont assez proches dans les discours », mais le Français est « une figure plus intellectuelle », poursuit-il.

 

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Zemmour prône l’union de la droite et de l’extrême droite

Un discours qui lui donne le pouvoir de perturber tous les pronostics à droite, car il séduit un tiers des électeurs de l’ancien candidat de la droite François Fillon et un tiers de ceux de Marine Le Pen à la présidentielle de 2017, selon le sondage de Harris Interactive. « Il est beaucoup plus à l’extrême droite que Marine Le Pen, mais il est plus respectable à droite », estime Philippe Corcuff.

 

Éric Zemmour, autrefois éditorialiste à Le Figaro, le quotidien conservateur français par excellence, « joue sur le fait que la droite (traditionnelle) n’a jamais résolu une contradiction » en son sein, entre son aile centriste et celle des plus « durs », qu’il « est là pour siphonner », remarque le politologue Jean-Yves Camus.

Ce « candidat chamboule-tout », qui « espère aussi prendre des voix aux abstentionnistes qui le voient comme un candidat hors système », selon M. Camus, doit toutefois bientôt se déclarer candidat, et donc réunir les parrainages de 500 élus. « Tout le discours de Zemmour, c’est de faire l’union de la droite et l’extrême droite », analyse l’eurodéputé proche du PS Raphaël Glucksmann.

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