Politique internationale : comment Nicolas Sarkozy tente de laver son honneur en Lybie ?

Depuis 2011, l’ancien président français est mis en examen judiciaire, puisque soupçonné d’avoir usé de fonds libyen pour financer sa campagne présidentielle de 2017. Les derniers revirements de l’affaire tendent à l’enfoncer davantage.

Depuis 2011, l’ancien président français est mis en examen judiciaire, puisque soupçonné d’avoir usé de fonds libyen pour financer sa campagne présidentielle de 2017. Les derniers revirements de l’affaire tendent à l’enfoncer davantage. Cependant, M. Sarkozy ne fléchit pas l’échine et entend bien se blanchir dans cette affaire. Des révélations récentes du site « Marianne » mettent un peu de lumière sur les manœuvres de l’ex-chef de l’état.

 

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Le prix de l’honneur : 3,5 millions d’euros pour la libération de Hannibal Kadhafi

Le 16 octobre 2020, après quatre jours d’audition par le Parquet national financier (PNF), Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs. Sur les réseaux sociaux, l’ex-chef de l’État français a déploré une « longue liste d’injustices » et assure : « Mon innocence est à nouveau bafouée ».

Très récemment, « Marianne » s’est procuré une fiche qui détaille toutes les dépenses prévues pour faire libérer Hannibal Kadhafi, le cinquième fils du Guide, détenu au Liban. Objectif en vue : obtenir de l’intéressé des déclarations niant tout financement par son père de la campagne de 2007 de l’ex-président français.

Sur ce coup, avouons Nicolas Sarkozy n’est pas à son premier essai. Environ un mois après sa mise en examen par le parquet national financier, un revirement spectaculaire de la procédure a été constaté. L’homme d’affaires franco-libanais, Ziad Takkiedine, celui-là même qui avait déclaré que l’ex-chef de l’état avait reçu des valises de billets de la part du guide libyen est revenu sur ses accusations. « Je confirme que ceci n’est pas vrai. [Nicolas] Sarkozy n’a pas eu de financement libyen pour la campagne présidentielle. [Mouammar] Kadhafi ne pouvait le faire parce qu’il ne le faisait jamais », avait-il affirmé le 11 novembre 2020 lors d’une interview accordée à BFMTV.

« Depuis sept ans et demi, l’instruction n’a pas découvert la moindre preuve d’un quelconque financement illicite. L’information judiciaire ouverte sur les seules déclarations mensongères de Ziad Takieddine se trouve aujourd’hui dans une impasse complète. Le principal accusateur reconnaît ses mensonges. Jamais il ne m’a remis d’argent, jamais il n’y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007 », a réagi de son côté l’ancien président français.

 

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La brouille du duo Marchand-Dubus : l’opération se poursuit tout de même

Cette manœuvre a été une réussite jusqu’à ce que Ziad Takieddine tourne casaque quelques mois plus tard, furibond de ne pas avoir reçu les millions promis par Marchand-Dubus. Duo aujourd’hui brouillé s’accusant mutuellement d’avoir monté le coup. Néanmoins, ce n’était pas tout. Dubus s’ingéniait à libérer Hannibal Kadhafi, le cinquième fils du Guide, incarcéré depuis décembre 2015 dans les cellules libanaises. Comment procède-t-il ? En effet, par des versements d’argent. Il s’agit d’énorme somme d’argent, parfois sur factures ou en cash. En tout, plus ou moins 3,5 millions d’euros, précise l’incroyable note de Dubus que Marianne a consultée. L’objectif pour l’apprenti deus ex machina : obtenir la confession de Hannibal dédouanant Sarkozy de tout versement par son défunt père. Dans un premier temps, le bonhomme s’était opposé au deal. Cependant, à force de visiter de temps en temps Hannibal dans sa prison au Liban, il a fini par le convaincre à l’idée que sa sortie dépendrait d’une déclaration en faveur de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy.

 

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