Présidentielle 2022 : les primaires ont-elles fragilisé l’électorat des verts ? Quelles chances pour EELV en 2022 ?

Du 16 au 19 septembre 2021, les militants et sympathisants de l’Europe écologie les verts ont voté pour le premier tour de la primaire du parti. Un scrutin à l’issue duquel Yannick Jadot et Sandrine Rousseau se qualifient pour le second tour.

Du 16 au 19 septembre 2021, les militants et sympathisants de l’Europe écologie les verts ont voté pour le premier tour de la primaire du parti. Un scrutin à l’issue duquel Yannick Jadot et Sandrine Rousseau se qualifient pour le second tour. Cependant, en attendant ce deuxième round, c’est le moment de tirer des enseignements du premier tour de ce scrutin. On se demande si cette primaire n’a-t-elle pas fragilisé l’EELV ?

 

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Un premier tour très serré

À l’issue de ce premier tour de la primaire écologiste, le premier facteur remarquable est le score très rapproché entre les candidats en lice. D’après les résultats, l’eurodéputé Yannick Jadot et l’ancienne porte-parole du parti Sandrine Rousseau viennent en tête avec respectivement 27,70 % et 25,14 % des voix. Ils sont étalonnés par l’ancienne ministre Delphine Batho et la maire de Grenoble Eric Piolle qui obtiennent chacun 22,32 % et 22,29 % des suffrages. Seul Jean-Marc Governatori est décroché avec 2,35 % des voix.

Selon le politologue Daniel Boy, directeur de recherche au Cevipof, « les résultats sont surprenants parce qu’on pensait que Yannick Jadot ferait un meilleur score. 27 %, ce n’est pas un grand résultat et l’assemblée des votants est pratiquement divisée en quatre quarts ». Cependant, il reconnait que « c’est l’écologie plutôt radicale qui s’est exprimée, car il y avait une large offre politique notamment avec Dephine Batho avec son idée de décroissance, ou Sandrine Rousseau et le concept d’écoféminisme. »

Les deux candidates qui expriment une ligne politique un peu plus rapprochée obtiennent un score de 47,46 %. Mieux, on pourrait même ajouter les 22,29 % du maire de Grenoble qui, lui aussi, se dit pragmatique et radical. Ce premier tour révèle ainsi la pluralité de lignes politiques qui existe au sein de ce parti.

Ce qui ne favorise certainement pas une union comme le confirme Vincent Dubail, un élu proche de Yannick Jadot. « Le résultat du dimanche est morcelé, car les différents candidats ont chacun leur propre approche sur la manière de faire avec des nuances différentes de l’écologie », a-t-il commenté.

Un mode de scrutin qui change la donne

Le succès remarquable de ce premier tour dans la forme se repose particulièrement sur la participation massive des électeurs. Contrairement au passé où la primaire est limitée aux quelque 12 000 militants, une grande ouverture a été observée. Ce qui porte le nombre de votants à 106 sur les 122 000 inscrits.

Cependant, au-delà de l’adhésion, cette large ouverture change la configuration habituelle. Selon Daniel Boy, ce mode de vote a plutôt tourné à l’avantage de l’eurodéputé. « On connait la radicalité des membres d’EELV, et Yannick Jadot n’y a pas une bonne image puisqu’il représente environ 20 % au sein du parti. Finalement, les 122 000 votants représentent une population un peu décalée par rapport au cœur du parti », analyse ainsi le directeur de recherche au Cvipof.

Cette analyse est partagée par Annie-LaureHagel, une responsable d’EELV qui déclare que :« L’électorat des primaires EELV est en général très à gauche, contrairement à l’électorat écologiste global plus pragmatique. »« 120 000 inscrits, cela décale forcement tout ce qu’on a pu connaitre avant puisque l’ouverture est plus large », reconnait-elle. Cependant, « on n’arrive pas à savoir la sociologie des gens qui ont voté », souligne Vincent Dubail. Ce qui rend sans doute le second tour plus incertain.

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