Indemnisation sur l’inflation des coûts du carburant, le gouvernement d’Emmanuel Macron veut-il faire la cour à la classe moyenne ? 

Dans le JT de TF1 de ce jeudi 21 Octobre 2021, le premier ministre Jean Castex annoncé une indemnisation de 100 euros pour aider les Français gagnant moins de 200 euros nets par mois à compenser la flambée des prix du carburant et de l’énergie.

Dans le JT de TF1 de ce jeudi 21 Octobre 2021, le premier ministre Jean Castex annoncé une indemnisation de 100 euros pour aider les Français gagnant moins de 200 euros nets par mois à compenser la flambée des prix du carburant et de l’énergie. Dans ses propos, l’homme de Matignon a rebaptisé cette indemnisation, « l’indemnité classe moyenne », alors qu’elle est censée concerner quelques 38 millions de Français. Est-ce une œillade du gouvernement visant à séduire la classe moyenne à six mois des élections présidentielles ?

 

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Un mouvement habituel des fins de mandat

Alors que l’indemnité inflation devra prendre en compte 38 millions de Français dont des retraités, des salariés, des étudiants et des apprentis dans sa phase active, Jean Castex a préféré mettre davantage l’accent sur « les classes moyennes », soulignant que le gouvernement a préféré cette mesure aux deux autres pour apporter une solution plus juste. À l’en croire, le chèque carburant et la baisse des taxes envisagés à un moment donné ont dû être abandonnés, et pour cause, elles auraient plus « bénéficié aux classes aisées ».

Une stratégie communication peu subtile, avec un message très clair : le gouvernement tente d’amadouer, les Françaises et les Français qui sont dans le besoin, et a bel et bien conscience des inégalités qui prévalent dans la société. Une manie bien taillée à un moment où l’élection présidentielle s’approche.

« C’est un mouvement habituel des fins de mandat ​de tenter de retrouver les bonnes grâces de la classe moyenne qui a toujours l’impression d’être laissée pour compte et d’être celle qui subit le plus les mesures et les impôts », analyse Alexandre Eyries, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne. « À chaque fois qu’un président se représente, il fait un cadeau en fin de mandat », a-t-il poursuivi.

L’enjeu est de taille pour le chef de l’État qu’en cas d’un second tour probable avec sa rivale de 2017, Emmanuel Macron ne doit pas laisser filer cette catégorie de la population du rassemblement national. « Il n’y avait aucun besoin de préciser à ce point que cela servait les classes moyennes, appuie Stéphane Rozès, politologue et président de CAP (Conseils, analyses et perspectives). Si Jean Castex a autant voulu passer le message, c’est bien pour indiquer que cette mesure leur était destinée ».

 

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Prévenir les mouvements de contestation

D’un autre côté, cette accentuation sur la « classe moyenne » par le premier ministre Jean Castex vise un autre objectif : éteindre tout risque de brasier social et éviter une nouvelle crise façon ‘’gilets jaunes’’, débutés là aussi à cause du prix de l’essence.

Il y a 3 ans, les « gilets jaunes » prenaient d’assaut les rues françaises face à un sentiment de déconnexion des gouvernants avec leurs réalités quotidiennes et aussi un abandon de la classe politique. « Là, le message est on ne peut plus clair : ‘’oui, on vous prend en compte » », observe Alexandre Eyries.

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