Expulser une personne hébergée gratuitement: démarches et conseils

23 janvier 2026

Une simple porte ouverte sur la générosité peut se transformer en casse-tête juridique quand il s’agit d’expulser une personne hébergée gratuitement. Loin d’être un détail administratif, la situation soulève des questions concrètes et parfois épineuses sur la loi, la confiance, et la manière de retrouver la pleine maîtrise de son logement.

Accueillir chez soi une personne hébergée gratuitement ne se résume pas à un simple geste de solidarité. Même sans échange d’argent, la loi encadre strictement ce type d’arrangement, désigné dans le Code civil sous le terme de prêt à usage ou commodat. Ce cadre, souvent méconnu, façonne la relation entre hébergeur et occupant, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire. Offrir un toit à un proche, un ami, ou même une connaissance, oblige à respecter certaines règles, peu importe la simplicité de départ de l’accord.

Le contrat d’hébergement n’est pas toujours écrit, mais son absence sème le doute. L’hébergement à titre gratuit peut reposer sur un accord oral ou écrit ; dans tous les cas, tout élément prouvant l’accord, même implicite, suffit à établir la légalité de l’occupation. Attention : l’hébergeur ne devient jamais bailleur et la personne hébergée ne profite pas des protections d’un bail classique. Il existe néanmoins un « contrat d’occupation à titre gratuit » qui évite toute éviction brutale et protège l’occupant d’une mise à la porte improvisée.

Voici quelques points à saisir pour cerner la portée de cet hébergement :

  • La loi fait la nuance entre propriétaire et hébergeur : parfois les deux ne sont pas les mêmes, mais dans tous les cas, l’autorité sur le logement et le choix des conditions restent distincts.
  • Plusieurs conséquences sociales : héberger gratuitement peut avoir un effet sur les impôts, les aides sociales, ou même la taxation d’un logement qui semblerait vacant.

La frontière entre une aide passagère et un hébergement de longue durée reste floue. Seule une démarche claire, appuyée sur les règles du prêt à usage, permet d’éviter les malentendus au moment de récupérer son bien.

Quelles précautions prendre avant d’accueillir une personne chez soi ?

Poser les bases dans un contrat d’hébergement à titre gratuit réduit les imprévus et protège tout le monde. Même un écrit succinct qui détaille la durée d’hébergement, l’adresse, et les attentes de chaque partie, vaut mieux que de simples paroles. Précisez s’il s’agit d’une chambre, d’un appartement entier, ou d’une forme de colocation informelle. Un accord écrit, daté et signé, évite les interprétations hasardeuses et facilite la gestion de la situation, notamment si un désaccord ou une demande de départ survient.

L’attestation d’hébergement, parfois requise par certaines administrations, officialise la présence de la personne hébergée. Ce document doit indiquer l’identité des deux parties, l’adresse concernée, et la période couverte. Il est prudent d’y joindre une copie de votre pièce d’identité et, si besoin, un justificatif de domicile pour couper court à toute contestation.

Ne négligez pas la question de l’assurance habitation. Signalez à votre assureur toute nouvelle situation d’hébergement à titre gratuit pour vérifier que le contrat couvre bien la personne accueillie et ajustez-le si nécessaire. En cas de sinistre, la présence d’un occupant non déclaré peut sérieusement compliquer la prise en charge.

Pour sécuriser la démarche, adoptez ces réflexes :

  • Dès le début, fixez la durée de l’hébergement afin d’éviter toute ambiguïté.
  • Établissez un état des lieux contradictoire, même en dehors d’un véritable bail.
  • Conservez la trace de chaque échange ou modification apportée au contrat d’hébergement.

Structurer l’accueil ne bride pas la solidarité : cela met de l’ordre, protège les deux camps et limite les risques de conflit, tout en rendant service à la personne hébergée.

Procédure d’expulsion : étapes clés et droits de l’hébergeur

L’idée même d’expulsion plane sur nombre de situations d’hébergement à titre gratuit, surtout lorsque la cohabitation s’enlise. Si la personne hébergée refuse de quitter les lieux, l’hébergeur ne peut pas improviser : il doit suivre une série d’étapes précises. La loi n’accorde pas à l’occupant de droit au maintien dans les lieux, mais tout ne se règle pas d’un claquement de doigts.

La première étape consiste à envoyer une mise en demeure. Ce courrier, à adresser en recommandé avec accusé de réception, demande le départ de l’occupant dans un délai fixé (souvent 8 à 15 jours). Il doit être clair, daté et signé, rappeler l’absence de bail et indiquer que l’occupation ne repose sur aucun droit particulier. Si l’occupant ne bouge pas, direction la justice.

Il faut alors saisir le tribunal judiciaire compétent, celui du lieu du logement. L’hébergeur devra démontrer que la personne est bien un occupant sans droit ni titre. Un contrat d’hébergement, une attestation, des courriels ou messages sont des preuves à fournir. Le juge, après examen des faits et des intentions de chacun, rendra sa décision.

Si l’expulsion est ordonnée, un huissier prend le relais. Il signifie la décision à la personne concernée, qui dispose alors d’un délai légal pour partir. Si elle ne s’exécute pas, l’huissier peut, après avoir obtenu l’accord du préfet, solliciter le concours de la force publique. Cette ultime étape reste rare, mais elle existe et balise les limites du logement gratuit lorsque l’impasse s’installe.

Fiscalité, obligations et conséquences à ne pas négliger

Sous l’apparence d’un arrangement simple, héberger gratuitement une personne bouscule parfois la fiscalité et les droits sociaux. Le fisc distingue bien l’hébergement à titre gratuit de la location, mais il surveille attentivement tout ce qui s’en rapproche. Selon le contexte, une attestation d’hébergement peut modifier la situation fiscale de l’hébergeur ou de l’occupant. Déclaration du foyer, répercussion sur la taxe d’habitation, ou remise en cause d’aides sociales (CAF, APL, prime d’activité) : autant d’effets qui s’accumulent à mesure que l’hébergement dure.

Voici ce qu’il faut garder à l’esprit pour éviter les mauvaises surprises :

  • Partager son logement principal avec une personne non déclarée expose à un risque de redressement lors d’un contrôle, surtout si des prestations sociales (CAF, MSA) sont versées à l’hébergé.
  • Dans une résidence secondaire, un hébergement prolongé peut déclencher la taxe sur les logements vacants, ou même faire considérer le bien comme résidence principale de l’occupant.
  • La participation de la personne hébergée aux charges (eau, électricité) doit rester raisonnable : attention à ne pas basculer vers une sous-location déguisée. Le versement d’un loyer réel expose à des sanctions, notamment au niveau de la déclaration de revenus fonciers.

Il est également impératif de vérifier que l’assurance habitation couvre la présence d’un tiers. En cas de sinistre, une situation non déclarée peut tourner au casse-tête. Omettre de signaler cet hébergement peut entraîner suspension de l’allocation logement, modification de l’imposition, voire complications lors d’un contrôle fiscal.

Rien n’est anodin dans la générosité : héberger gratuitement engage sur plusieurs fronts. Pour éviter que l’accueil solidaire ne se transforme en parcours du combattant, mieux vaut anticiper chaque étape, poser un cadre solide et s’armer de prudence. La confiance n’exclut ni la clarté, ni la rigueur ; et parfois, c’est ce duo qui permet de refermer sa porte sans regret, ni rancœur.

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